Imprimer

Josep Grau-Garriga est décédé hier à l’âge de 82 ans. Avec la Ville d’Angers, la rencontre date de 1989…

A partir du projet d’une exposition d’œuvres au tout jeune Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, l’artiste propose alors au Maire d’Angers, un projet plus ambitieux dans le cadre de la commémoration du Bicentenaire de la Révolution française. Toutes les propositions de l’artiste sont retenues : un environnement sur l’enceinte du Château d’Angers accompagné d’une exposition dans la chapelle du château, une création in-situ à l’Abbaye du Ronceray sur le thème de la déclaration des droits de l’homme, une exposition de peintures au musée des Beaux-Arts, une présentation de tapisseries et sculptures au Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine.
Ce vaste chantier, qui a impliqué de nombreux services de la Ville d’Angers et de l’Etat français, et qui a bénéficié de l’aide d’entreprises locales, a créé des liens durables entre l’artiste et les angevins.
Pour toutes ses créations, Grau-Garriga s’est imprégné de l’histoire et de la culture angevine, de l’impact de la révolution française en Anjou et en Vendée ; c’est le début d’un cycle qui se poursuivra bien au-delà des manifestations du bicentenaire sur les guerres de Vendée.

Grau-Garriga vivait alors encore à Barcelone ; il tombe amoureux de l’Anjou, de sa belle lumière, souhaite s’installer sur les bords de la Loire à Saint Mathurin….Il rencontre celle qui deviendra sa femme, Anne.
C’est ainsi qu’un des grands noms de l’art textile contemporain commence une nouvelle vie.
Un environnement particulièrement favorable : un grand atelier pour la peinture, une grange –atelier pour la tapisserie, la proximité de la Loire et de ses lumières magnifiques, une famille qui l’entoure font de cette période une étape particulièrement féconde et créatrice pour l’artiste. En tapisserie, à partir de 1999, Grau-Garriga commence un cycle d’œuvres sur la vie des paysans : le travail mais aussi les souvenirs liés à son enfance, les odeurs, les paysages.
La qualité et la profusion de ces nouveaux cycles d’œuvres font naître de nouveaux projets d’expositions à Angers
En 2002, le musée de la tapisserie contemporaine, l’abbaye du Ronceray, la salle Chemellier sont proposés à l’artiste. Dans le même temps le musée Joseph Denais à Beaufort en Vallée lui ouvre ses portes pour une création in-situ. Une monographie de presque 300 pages est orchestrée par la Ville d’Angers et publiée par les éditions du Cercle d’art.

A la suite de ces expositions, Grau-Garriga fera une donation importante à la Ville d’Angers. Le Maire, Jean-Claude Antonini, décide alors de lui consacrer une salle au sein du Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine : quatre tapisseries monumentales et deux dessins qui appartiennent au cycle d’œuvres sur l’enfance de l’artiste en Catalogne, la vie à la campagne (« Aspre-dolc », « Amb o sense fruit »), un hommage à ses parents (« Al pare » et « Al mare ») et au couple (Home et Dona)

En 2010, une exposition de ses dessins est exposée au cabinet d’arts graphiques du Musée des Beaux-Arts et en 2011, son rôle historique est souligné dans une exposition sur la tapisserie catalane au musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine.

Pour Jean-Claude Antonini, Maire de la Ville d’Angers et Président d’Angers Loire Métropole, ainsi que Monique Ramognino, Adjointe à la culture, c’était un fidèle soutien, un collaborateur et un ami.
Toujours très actif, Grau-Garriga avait de nombreux projets en cours dont le très important retable de la paix pour l’église de St Mathurin et le catalogue de son œuvre graphique.

Biographie de l’artiste

Josep Grau-Garriga est né à San Cugat del Vallès près de Barcelone en 1929. Enfant, il est marqué par les violences de la guerre civile espagnole. Il fera ses études artistiques dans les écoles d’art de Barcelone tout en menant un travail de recherches textiles dans l’atelier de la Manufacture Aymat à San Cugat où il est nommé directeur artistique. Il rencontre, dans les années 50, Jean Lurçat et Denise Majorel directrice de la galerie parisienne « La Demeure ». Cependant, il abandonne très vite la technique du carton numéroté prônée par Lurçat, pour tisser librement et directement sur son métier de haute lice. Son langage devient abstrait, la matière est sensuelle, très présente.
Son travail textile accède à une reconnaissance internationale dès le milieu des années 60, à la Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne tout d’abord, où il est reconnu comme l’un des chefs de file de la « Nouvelle tapisserie ». Il est l’un des premiers également à réaliser des environnements textiles qui sont souvent des actes politiques et de dénonciation comme celui réalisé pour la galerie la Demeure à Paris en mai 1968 ou aux Etats-Unis à Vermont pour protéger un site menacé de destruction…
Grau-Garriga va développer une carrière internationale qui le mènera aux Etats-Unis où il est invité mais aussi en Amérique latine au Canada, en France, en Chine etc.
Il est l’un des porte-parole actif pour une tapisserie libérée de l’étiquette « art décoratif » ; c’est un art à part entière au même titre que la peinture ou la sculpture, que lui-même pratique depuis toujours.

Photos téléchargeables sur http://presse.angers.fr/

Share This