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Proposition contemporaine de l’artothèque autour de l’exposition « La Fabrique de l’œuvre » 7 novembre 2015 – 28 février 2016 musée des Beaux-Arts

Cet automne, au musée des Beaux-Arts dans le cadre de la programmation de ses expositions, la Ville d’Angers met en lumière le dessin, de la Renaissance à aujourd’hui, en invitant le public à porter un vaste regard sur sa présence forte, continue, toujours en mouvement et si vivante.

À partir du 28 novembre, elle proposera l’exposition « La Fabrique de l’œuvre » consacrée à l’un des fleurons des collections des musées d’Angers, son cabinet d’arts graphiques, riche de plus de 13 500 dessins.

En contrepoint, deux propositions contemporaines de l’artothèque seront présentées simultanément dès le 7 novembre au sein du même site : une installation in situ de l’artiste Éric Winarto, accueilli en résidence et l’exposition « Intentions graphiques ». Ces deux volets contemporains nous éclaireront sur la place prépondérante qu’occupe le dessin aujourd’hui dans le champ de la création artistique et montreront la diversité de ses formes et de ses pratiques.

À la découverte de BLACKLIGHT SELVA d’Éric Winarto

C’est une proposition singulière et exceptionnelle que l’on pourra découvrir dès le 7 novembre au musée des Beaux-Arts : l’installation éphémère d’Éric Winarto.

Depuis le 19 octobre, l’artiste investit le Cabinet d’arts graphiques et réalise sous la forme d’un wall painting une œuvre in situ qui s’intègre dans une série évolutive, débutée en 2006 et qui s’intitule BLACKLIGHT SELVA.

De jour en jour et au fil de son élaboration elle se révèle peu à peu, épousant l’horizontalité de la cimaise comme un long ruban. Ce cadrage déploie un cheminement de lumière. L’artiste utilise en effet la lumière noire pour révéler la peinture blanche fluorescente dont il recouvre le mur et sur laquelle il dessine un paysage. « Je peins avec l’ombre. Je structure l’ombre pour révéler la lumière », précise l’artiste. Son trait est vif, sinueux, fait de courbes et parfois de lignes accidentées. La réflexion argentée de la peinture fluorescente dans les vitrines qui bordent le côté droit de la salle modifie la perception habituelle de l‘espace.

Le Cabinet d’arts graphiques s’apparente à un voyage exploratoire, produisant l’effet d’une légère gaze bleue émise par le rayonnement ultraviolet. L’atmosphère ainsi créée tend à se rapprocher d’une matière cinématographique (A. Tarkovski, N. Bilge Ceylan…). Le visiteur se sentira plongé au cœur d’un univers hypnotique, tissé de bribes de souvenirs (arbres calcinés), de rêves et de visions suggérant tout à la fois La Divine Comédie de Dante et la beauté des paysages profonds et émouvants où la captation du réel est aussi affaire de sensation. Dans ce long poème graphique, on retrouve aussi les éléments fondamentaux de l’univers visuel de l’artiste : l’omniprésence de la forêt, le foisonnement des feuillages et d’énigmatiques branchages…

Les rapports aux gestes et au tracé dans l’œuvre d’Éric Winarto ne sont pas sans rappeler les dessins de certains maîtres anciens, tels que Poussin et Rembrandt, présents dans l’exposition « La Fabrique de l’œuvre » ouverte au public dès le 28 novembre. Un dialogue étroit s’engagera ainsi entre œuvre contemporaine et œuvres anciennes, révélant la continuité des interrogations artistiques qui construisent l’histoire de l’art.

Avec BLACKLIGHT SELVA, le public angevin est invité à découvrir une œuvre éphémère, mais non figée dans une éternité muette, sans cesse renouvelée par la diversité des regards qui se poseront sur elle. C’est aussi une invitation à l’immersion totale, de l’ordre de l’expérience visuelle et métaphysique. Stupéfiante.

Informations pratiques :

Possibilité de rencontrer l’artiste sur rendez-vous à Angersle 28 octobre, le 2 et le 3 novembre.

Musée des Beaux-Arts – 14, rue du Musée – 49100 Angers – Tél : 02 41 05 38 38 – www.musees.angers.fr

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