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Ce jeudi 7 février, Frédéric Béatse a signé le premier contrat dans le cadre des emplois d’avenir.

La nouvelle recrue s’appelle Nicolas Dudoit. Il a 25 ans et est désormais embauché en tant qu’agent polyvalent de maintenance au sein de la direction des Bâtiments de la Ville. Le jeune a en main un CAP Maintenance en bâtiment mais n’a jamais réussi à trouver un emploi stable dans sa branche. Il enchaînait jusqu’à ce jour les petits boulots en intérim.

« Les questions liées à l’entrée dans la vie active et à la capacité des jeunes à devenir autonomes sont au cœur de notre société. Avant de parvenir à un emploi stable, trop nombreux sont les jeunes qui alternent « petits boulots » et périodes de galère. Et ce n’est pas sans conséquence. Un climat de précarité et d’angoisse règne aujourd’hui sur cette classe d’âge et même au delà. Car, face à leurs grands enfants en difficulté, parents et grands parents sont bien souvent mis à contribution et parfois eux-mêmes fragilisés. À l’opposé, quand le jeune est isolé, le cercle vicieux d’un décrochage social n’est jamais très loin. C’est pourquoi la Ville et Angers Loire Métropole ont décidé de s’investir fortement dans la création au sein de leurs services de cent vingt-cinq emplois d’avenir. » Frédéric Béatse, maire d’Angers.

La Ville et son centre communal d’action sociale se sont engagés à recruter 100 jeunes en contrat d’avenir et Angers Loire Métropole 25 jeunes.

Pour les collectivités, le dispositif prévoit l’embauche pour trois ans et à temps plein de jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés. L’aide de l’Etat est de 75 % du SMIC brut complétée par une exonération partielle des charges.

Non seulement, ces emplois d’avenir permettent d’avoir un travail dans la durée mais également de disposer d’un accompagnement personnalisé et d’une formation. Sur ces derniers points, la collectivité s’engage à être extrêmement vigilante afin qu’à l’issue de ses trois ans de contrat le jeune ne se retrouve pas sans perspective.

Le coût annuel de la création de ces cent vingt-cinq emplois d’avenir est d’un peu plus de 2,5 millions d’euros d’où il faut retrancher les aides importantes de l’Etat. D’où un coût net global pour les deux collectivités d’un million d’euros. En revanche, il faudra ajouter le coût des différentes formations qui se mettront progressivement en place.

La collectivité a décidé d’agir très vite dans ce domaine. Le vote en conseil municipal s’est déroulé le 19 décembre et celui à Angers Loire Métropole le 24 janvier. Le 25 janvier, les dix-huit premières offres d’emplois étaient publiées et transmises à la Mission Locale Angevine qui les a diffusées auprès de Cap Emploi et de Pôle Emploi. Le premier jury de recrutement s’est déroulé dès le 28 janvier pour une première signature ce 7 février et une prise de fonction de la première recrue le 18 février aux ateliers municipaux de la direction des Bâtiments.

L’objectif est que, d’ici à juin, la moitié des recrutements ait été réalisée, soit une soixantaine de jeunes embauchés. L’autre moitié aura lieu au cours du second semestre de cette année 2013.

Quasiment tous les services municipaux vont accueillir des emplois d’avenir. Ceci dans des métiers très divers : nettoyage ou entretien des bâtiments, travaux publics, logistique, métiers du livre au sein des bibliothèques, gestion administrative, métiers de la petite enfance…

Au-delà des emplois dans ses propres services, Angers Loire Métropole accompagne les agents-tuteurs des jeunes embauchés dans les services municipaux de toutes les communes de son territoire. L’agglomération complète également l’aide de l’Etat aux associations et aux structures d’insertion qui ont recours aux emplois d’avenir. Enfin, Angers Loire Métropole accompagne la Mission locale angevine, qui doit jouer un rôle de pivot dans le déploiement du dispositif au niveau du territoire.

Les emplois d’avenir ne concernent donc pas uniquement les collectivités mais également les associations, les structures d’insertion, le milieu hospitalier, des organismes parapublics comme les bailleurs sociaux et, à la marge, des secteurs marchands désignés comme prioritaires. En tout, on estime à plus de 500 le nombre de jeunes pouvant être ainsi recrutés dans l’agglomération d’ici à la fin de l’année.

Bien évidemment, Ville et agglomération n’ont pas attendu les contrats d’avenir pour agir dans le domaine de l’emploi des jeunes. Tout d’abord, au sein de leurs propres services, une attention particulière est portée à l’apprentissage depuis déjà vingt ans. Sont ainsi embauchés chaque année une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans qui préparent un diplôme allant du CAP au diplôme d’ingénieur en passant par le Bac pro ou le BTS. Ville, CCAS et Métropole comptent ainsi actuellement dans leurs rangs 35 apprentis, en majorité dans des métiers techniques du bâtiment ou des espaces verts. Depuis 1994 et le recrutement d’apprentis au sein des services municipaux, les collectivités angevines ont ainsi formé 166 jeunes.

À noter enfin que le dispositif des emplois d’avenir complète les actions déjà nombreuses en faveur de l’insertion des jeunes, notamment dans des expériences de mise au travail comme BâtiJeunes, Jobs d’été, Jobs divers, stages au sein des services municipaux, partenariat avec la mission locale, mise en place des chantiers 20 h chrono de l’Asea, opération Jobs proximité avec la Régie de quartiers…

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